Situation sanitaire…

3 juin 2018 1 Par celineb

Les échouages de sargasses ont débutés à Capesterre de Marie Galante le 19 mars 2018.

Les habitants ont commencé le ramassage le 20 mars sans les protections nécessaires. Les échouages se sont intensifiés… et le 3 avril 2018, parce que de nombreuses communes étaient touchées, la Région Guadeloupe organise une conférence territoriale de l’action publique sur l’échouage massif de sargasses, permettant ainsi la réunion de tous les acteurs concernés : maires, présidents de communautés de communes, département… Suite à cette réunion, la Présidente du Conseil départemental de Guadeloupe, Mme Josette Borel-Lincertin, annonçait que dès le lendemain le port de Capesterre de Marie-Galante serait nettoyé. Annonce non suivie d’actions…

Depuis cette date, tout le littoral subit régulièrement les échouages sans ramassage efficace, favorisant le pourrissement des algues qui induit des dégagements de gaz toxiques dont le H2S et le N3H

Les taux de H2S et de NH3, ne sont qu’épisodiquement relevés (malgré ce qu’affirme l’ARS Guadeloupe), sont bien présents et inférieurs aux taux de grande dangerosité pour des expositions de courte durée. Or aucune étude n’a portée sur l’exposition des populations sur une longue période. C’est là l’objet de toute notre inquiétude depuis le début de l’action du collectif en 2014 !

En effet , nous observons que les riverains de Capesterre de MG, de la plage du bourg jusqu’au stade de foot et essentiellement sur un périmètre de 50 premiers mètres, parfois jusqu’au niveau de l’église, “baignent” dans une atmosphère de méthane, H2S, NH3 et  autres gaz connus mais non mesurés jusqu’à maintenant.

Les taux de H2S, puisque c’est ce gaz neurotoxique qui a été le plus mesuré jusque là, et identifié comme le plus dangereux immédiatement à des taux élevés, sont la majeure partie du temps au dessous du seuil de 5 ppm. Parfois entre 5 et 10, sur des périodes courtes, en particulier sous le vent du port.

Cependant, le seuil de 5 ppm, admis comme supportable par l’ARS et retenue comme limite d’exposition pour la population, concerne des personnes porteuses d’un masque à cartouche et exposées pendant 8 heures et c’est l’objet de notre inquiétude !

Voilà comment l’ARS Guadeloupe, dans son communiqué de presse du 31 mai 2018 justifie son inaction « les mesures montrent que les valeurs de H2S sont inférieures aux seuils acceptables à ce jour. Une demande de précision de seuil à respecter en NH3, notamment en bouffées, a été transmise au Haut Conseil de Santé publique. Cette information sera disponible en fin de mois. »            

Que se passe-t-il pour des sujets exposés à ces taux inférieurs à 5 ppm pendant des MOIS ? L’ARS n’évoque pas cette éventualité dans son communiqué !

Lorsque nous constatons Les dégâts causés sur le cuivre des matériels électroniques, chez Les mêmes personnes, il est de notre devoir d’alerter les pouvoirs publics sur Les dangers probables de cette exposition sur la santé des citoyens.

Depuis le 5 mai, un capteur en continu installé par Guad’air mesure les émanations à Capesterre de MG. Mais outre le fait qu’il est installé au village des pêcheurs qui n’est pas la zone la plus impactée par les émanations, ce capteur analyse l’air à 2,36m de hauteur ! Le H2S étant un gaz lourd et stagnant, les taux relevés, bien que déjà significatifs sont probablement largement minimisés. De plus, le NH3 très présent dans les émanations n’est plus mesuré et les relevés dans d’autres endroits du bourg ne sont plus effectués.

Malgré toutes nos réserves concernant l’installation du capteur en continu, celui-ci nous indique cependant:

Sur 168 relevés compris entre le 14 mai à 00 h et le 20 mai à 23 h :

  • 140 relevés égaux ou supérieur à 1 ppm de H2S
  • Un taux moyen sur une semaine de 1,83 ppm
  • Un taux moyen du 16 mai 19h au 17 mai 10h de 2,48 ppm
  • Des taux de 2,43 ppm à 4,32 ppm du 15 mai 18h au 16mai 9h

Dès lors, quelle est la crédibilité de l’ARS lorsqu’elle déclare des valeurs non significatives de H2S et qu’il n’y a aucun danger pour la population ?

En conclusion de son communiqué, « l’ARS rappelle enfin, que le ramassage doit intervenir tôt après l’échouage (3-4 jours maximum) afin d’éviter les problèmes de fermentation. » Pendant plusieurs semaines sur certaines parties du littoral de Capesterre de Marie Galante, aucun ramassage n’a été effectué !!!

C’est pourquoi notre action, en tant que Collectif anti-sargasses Marie-Galante, a été dès le départ portée par la nécessité d’application du principe de précaution et donc, non pas le déplacement de la population en danger, mais le ramassage rapide des échouements de sargasses et la mise en place de moyens permettant de les dévier.
La délocalisation des personnes n’a lieu d’être que si les deux conditions précitées ne sont pas réalisées et/ou misent en échec.

Nous attendons, dans les jours qui viennent, le rapport du HCSP sur Les intoxication à taux faibles sur du long terme par le H2S. C’est une annonce faite par le nouveau Préfet, lors de la réunion de du 31 mai 2018.

Nous espérons vivement que cette étude n’aura pas oublié d’autres gaz et en particulier le NH3 présent en grande quantité aux mêmes endroits et lui aussi potentiellement toxique.

Le Collectif Anti-Sargasses Marie Galante

 

En réponse au communiqué de presse de l’ARS Guadeloupe du 31/05/18